et reclus
Voir l'invisible :
anachorètes
et reclus
Reclusoirs
et hagioscopes.
Et à Notz l'Abbé,
une récluserie ?
Questions en suspens

Consultation d'une recluse http://classes.bnf.fr/ema/grands/870.htm

Galaad s'éloignant de la recluserie - 1344

Des anachorètes .. sédentaires

Mais les ermites, vivant dans les déserts ou les forêts, devaient se protéger et savoir se défendre.

Ainsi vit-on apparaître parallèlement des reclus volontaires, et surtout des recluses, qui bénéficiaient du même isolement d'anachorète mais qui, restant à proximité des communautés chrétiennes, pouvaient recevoir leurs moyens de subsistance tout en étant protégés par une enceinte inviolable ; celle-ci était solennellement scellée par l'evêque lui-même.

Car, avec sagesse, l'Eglise semble avoir toujours été méfiante par rapport à ces modes radicaux de recherche de sainteté et la réclusion n'était accordée qu'avec discernement.

D'un point de vue strictement humain, la réclusion a pu apparaître parfois comme d'une cruauté barbare : imaginons quelqu'un enfermé à vie dans les quelques mètres carrés d'un "trou aux rats" selon la déformation populaire de la devise "Tu, ora" imaginée de toutes pièces par Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris.
On a pu aussi y voir le dévoiement sadique d'un régime social misogyne quand on sait que des femmes qui avaient commis quelque lourde faute trouvaient dans la reclusion un moyen d'expiation, ou plutôt de prison à perpétuité ...

Mais on sait aussi que les recluses avaient grand succès à prier pour les causes qui leur étaient confiées et même que l'on venait en foule les voir ... peut-être parfois un peu comme aujourd'hui on consulte des diseuses de bonne aventure...

Plus sagement, s'il est incontestable qu'il y a eu des recluses saintes comme Ste Colette de Corbie ou Ste Julienne ou la Bienheureuse Eve (ces dernières ayant contribué à l'institution de la Fête-Dieu http://perso.infonie.be/liege06/07septb.htm).
Julienne de Norwich (1342-1416), recluse, mystique et voyante, est aujourd’hui tenue pour l’une des très hautes figures de l’histoire mystique universelle. Grâce à seize visions liées à la Passion, Julienne reçoit un enseignement sur les multiples présences invisibles de Dieu (voir l'article récent de Jean-Marc Bastière dans l'hebdomadaire Famille Chrétienne N°1557 et un très beau texte de Sye Julienne sur "Dieu, notre Mère" http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20010807_giuliana-norwich_fr.html
et l'ensemble des oeuvres sur http://www.luminarium.org/medlit/julian.htm
S'il est également vraisemblable qu'il y a eu des recluses moins exemplaires ... et si enfin certaines sont devenues tout simplement folles, il est probable que la plupart des recluses, ni anges ni bêtes, étaient simplement des femmes qui trouvaient là une forme à leur convenance pour une existence toute donnée à l'adoration.

A la fin du XVème siècle, une grande partie des reclusoirs s'est trouvée démolie en cette période de "reconstruction", mais ce n'est qu'au XVIIème siècle que brusquement les recluseries, après une période de recrudescence, ont fermé, et ont été détruites, totalement, jusqu'à ce que la mémoire de ces endroits disparaisse, comme si la conscience collective en avait honte.

Aelred, père abbé du monastère cistercien de Rievaulx (1110-1167) écrivit la règle "De Institutis Inclusarum" pour une recluse, probablement sa soeur, vers 1158 ou 1160.
Puis "Ancrene Riwle" ou "Ancrene Wisse" est un guide rédigé en Angleterre au XIII° siècle par un chanoine augustinien.
Voir en particulier :
http://www.hermitary.com/articles/ancrene.html

La vie quotidienne des recluses a été relatée par l'historienne Paulette L'Hermite-Leclercq dans "Moines et religieux au Moyen-Age", 1994, Collection Points.
La vie de recluse de Ste Colette de Corbie a fait l'objet du roman "La recluse" de Jacques Doyon, 1984, Robert Laffont

Un article récent sur le net donne un point de vue assez complet de la question avec de nombreuses références
http://www.hermitary.com/articles/mothers.html

Mais les études de référence restent encore celle effectuée par Dom Louis Gougaud en 1926, Ermites et Reclus, Etudes sur d'Anciennes Formes de Vie Religieuse (dont je peux envoyer copie par internet). pour les recluseries françaises et celle effectuée par Miss Rotha Mary Clay au début du XXème siècle et qui concerne spécifiquement les recluses en Angleterre.
http://monasticmatrix.org/MatrixTextLibrary/mm-s7417-clayr-anchorites.html
J'ajoute enfin (mais il faudrait une bibliographie de plusieurs pages) de Jean Séguy, le « Livre de vie des recluses (De Vita Inclusarum) » - en ligne ! - Archives de sciences sociales des religions, 126 (2004), [En ligne], mis en ligne le 17 novembre 2005. URL : http://assr.revues.org/document2355.html.

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